Une rue française typique avec des bâtiments en pierre et des voitures circulant.

Chantal Langlacé, pionnière du marathon, de retour à Lille

Une championne des années 70 sur la ligne de départ

Le 25 octobre 2026, ils seront 20 000 à s’élancer sur le marathon de Lille. Parmi eux, une figure historique de la course à pied féminine : Chantal Langlacé. À 19 ans, en 1974, elle courait déjà le marathon de Neuf-Brisach en 2 h 46 min 26 s, signant la meilleure performance mondiale de l’époque. Un exploit d’autant plus remarquable que les femmes étaient alors exclues des longues distances sur route.

À cette époque, les compétitions officielles d’athlétisme limitaient la distance à 5 km pour les femmes. Les marathons étaient jugés trop dangereux pour leur santé et leur fertilité. Chantal Langlacé a bravé ces interdits. « Je m’inscrivais en prenant le nom d’un homme, je choisissais des tenues plus masculines et, comme je n’étais pas très grande, je me faisais discrète », raconte-t-elle.

Un palmarès bâti contre les préjugés

Prendre le départ sans espoir de classement n’a jamais entamé sa motivation. « J’avais du tempérament, j’étais un peu rebelle. Je portais le maillot du mouvement Spiridon pour marquer mon engagement en faveur de l’inclusion des femmes dans ma discipline. »

Ses performances, en France comme à l’étranger, ont fini par faire bouger les lignes. Il a fallu attendre les années 80 et les Jeux olympiques de Los Angeles en 1984 pour que les marathons féminins soient officiellement autorisés. Chantal Langlacé a alors pu courir librement et accrocher à son palmarès deux records du monde (1974, 1977), trois titres de championne de France (1982, 1984, 1986) et un titre de championne de France du 100 km (1984), tout en menant de front son métier de professeur d’éducation physique pendant près de vingt ans.

Chantal Langlacé, pionnière du marathon, de retour à Lille

Son parcours illustre une époque où courir un marathon pour une femme relevait du défi interdit. Aujourd’hui, la présence de 20 000 participants à Lille, dont de nombreuses femmes, témoigne du chemin parcouru depuis ces années de clandestinité.

Le record du marathon de Lille reste inégalé

Chantal Langlacé a marqué le tout premier marathon de Lille en 1986, qu’elle a bouclé en 2 h 33 min 58 s. Un record féminin jamais battu dans les dix éditions de l’épreuve. « Ça a été une belle course tactique. J’étais au coude à coude avec une autre Française. Elle m’a suivie tout le temps et, à la fin, j’ai accéléré et je l’ai distancée », se souvient-elle.

En 1999, elle fonde L’Amiénoise, une épreuve réservée aux femmes, avec une préparation physique spécifique pour les participantes. Une manière de poursuivre son engagement pour l’inclusion, au-delà de ses propres victoires.

Chantal Langlacé, pionnière du marathon, de retour à Lille

Objectif 2026 : terminer, pas gagner

Pour l’édition 2026 du marathon de Lille, de retour après 31 ans d’absence, Chantal Langlacé s’entraîne depuis trois mois. « Dans ma tête, je suis prête. Cette fois, je ne vise pas le record : mon objectif c’est de le terminer ! », confie-t-elle en souriant. Mais elle prévient : « Surveillez vos arrières… Chantal est une gagnante ! »

En 2024, elle a été porteuse de la flamme olympique à Amiens, une reconnaissance pour celle qui a ouvert la route aux femmes dans la course de fond. Aujourd’hui, elle court toujours, mais pour le plaisir.

Informations pratiques

Le marathon de Lille 2026 s’élancera le 25 octobre 2026. Les inscriptions et les détails pratiques sont à retrouver sur le site officiel de la Ville de Lille.

Source: Ville de Lille

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La rédaction Sport

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