Aucun résultat trouvé
Un tramway circule dans une rue bordée d'arbres en automne à Nantes.

À Nantes, la voiture recule dans les trajets du quotidien

À Nantes Métropole, le nombre de déplacements quotidiens par personne est passé de 4,1 en 2015 à 3,4 en 2025. Ce recul ne dit pas seulement que les habitants bougent moins : il montre aussi que les usages se recomposent, entre télétravail, marche, vélo et arbitrages budgétaires.

La nouvelle enquête EMC2 2025, menée en Loire-Atlantique dix ans après la précédente édition, dessine un territoire où la voiture reste centrale, mais moins dominante. Le vélo gagne du terrain, la marche devient le premier mode de déplacement dans la ville de Nantes, et les transports collectifs progressent plus lentement.

Les chiffres qui résument le basculement

Indicateur Évolution constatée
Déplacements par personne en Loire-Atlantique 4 par jour en 2015, 3,5 en 2025
Déplacements par personne à Nantes Métropole 4,1 par jour en 2015, 3,4 en 2025
Part de la voiture en Loire-Atlantique 67 % en 2015, 60,5 % en 2025
Vélo en Loire-Atlantique 2,5 % des déplacements en 2015, 4,5 % en 2025
Marche en Loire-Atlantique 21 % en 2015, 24 % en 2025
Transports collectifs en Loire-Atlantique 9,5 % en 2015, 10,5 % en 2025

Ces données ne prouvent pas qu’un seul facteur explique tout. Elles montrent plutôt une accumulation de changements : moins de trajets, plus de télétravail, davantage de commerce en ligne, des contraintes économiques et des habitudes de proximité qui prennent plus de place.

Selon Laurent Fouin, directeur de l’Auran, la baisse des déplacements n’est pas liée uniquement aux travaux ou aux difficultés de circulation. Il évoque un changement de mode de vie accéléré, avec la crise économique et l’essor du numérique.

La voiture recule, mais reste forte pour travailler

À l’échelle de la Loire-Atlantique, l’automobile passe de 67 % à 60,5 % des déplacements en dix ans. À Nantes Métropole, la voiture solo recule aussi : elle représentait 43 % des trajets en 2015, contre 38 % en 2025.

Le changement se voit également dans l’équipement des ménages. Dans la métropole nantaise, le nombre moyen de voitures par foyer passe de 1,21 à 1,10. Cela ne signifie pas que la voiture disparaît du quotidien, mais son usage devient moins automatique.

Elle reste particulièrement utilisée pour aller travailler, ainsi que pour certains motifs personnels comme la santé ou les démarches administratives. Le covoiturage, lui, ne progresse pas au niveau attendu : sur le périmètre départemental, les déplacements en voiture comme passager reculent de 14 % à 12 %.

À Nantes, la voiture recule dans les trajets du quotidien

Le vélo s’installe au-delà du centre de Nantes

Le vélo est l’un des signaux les plus nets de l’enquête EMC2 2025. Dans le département, sa part a presque doublé, passant de 2,5 % à 4,5 % des déplacements. Les trajets à vélo sont aussi plus longs qu’avant, avec une distance moyenne de 3,4 km contre 2,8 km en 2015.

À Nantes Métropole, la progression est plus marquée : le vélo représente désormais 7 % des déplacements, et 9 % à l’intérieur du périphérique. Pour les trajets domicile-travail, la part atteint 11 %.

La dynamique est portée par les 25-64 ans, qui représentent 68 % des cyclistes en 2025, contre 55 % dix ans plus tôt. Ce profil indique un usage moins occasionnel et plus intégré aux trajets ordinaires, notamment pour se rendre au travail ou effectuer des déplacements courts.

L’enquête a été réalisée avant la livraison des Grandes voies vélo. Cette chronologie compte : les prochains relevés devront dire si ces aménagements renforcent encore l’usage du vélo, notamment dans les communes hors Nantes.

La marche devient le premier mode dans la ville

Dans la ville de Nantes, près de 4 déplacements sur 10 se font désormais à pied. C’est le premier mode de déplacement dans la commune, devant la voiture et les transports collectifs.

À Nantes Métropole, la marche atteint 29 % des déplacements. En Loire-Atlantique, elle passe de 21 % à 24 % en dix ans. Ce mouvement renvoie directement à la qualité de l’espace public : trottoirs, traversées, végétalisation, apaisement de la circulation et proximité des services.

À Nantes, la voiture recule dans les trajets du quotidien

La marge de progression reste importante. Environ un quart des déplacements quotidiens font moins d’un kilomètre, une distance réalisable à pied en 14 minutes en moyenne. Pourtant, 30 % de ces très courts trajets sont encore effectués en voiture.

Les transports collectifs progressent plus lentement

Les transports collectifs, qui incluent notamment le ferroviaire régional Aléop, le réseau Naolib dans la métropole nantaise et Ycéo dans l’agglomération nazairienne, gagnent un point en dix ans à l’échelle départementale : de 9,5 % à 10,5 %.

À Nantes Métropole, leur part reste stable à 15 % des déplacements. L’enquête signale toutefois un recours accru pour les déplacements domicile-travail, ce qui en fait un levier important pour réduire la dépendance à la voiture aux heures de pointe.

Julien Bainvel, conseiller régional délégué aux mobilités, défend l’idée d’en faire une alternative plus solide à l’automobile, y compris dans les territoires ruraux. La difficulté sera de répondre à des besoins très différents entre le cœur métropolitain, les communes périurbaines et les secteurs moins denses.

Des données qui pèseront sur les futurs choix publics

L’enquête EMC2 a été conduite entre septembre 2024 et mars 2025 auprès de 15 860 foyers et 24 543 habitants de plus de 5 ans, dans les 207 communes de Loire-Atlantique. Sa méthodologie nationale, définie par le Cerema, permet de comparer les résultats avec ceux de 2015 et avec d’autres territoires.

Ces chiffres vont nourrir les décisions sur les voiries, les pistes cyclables, les transports collectifs, la marche et le covoiturage. Simon Citeau, vice-président de Nantes Métropole délégué aux déplacements, estime que la baisse visible de la voiture pose des jalons pour les choix politiques futurs.

Source: Nantes, ville et métropole

Commentaires

Pas encore de commentaires. Soyez le premier !
Aïcha Morel

Aïcha Morel

Auteur

Basée à Nantes, Aïcha Morel suit l’actualité de la ville et de la métropole, des décisions publiques aux mobilités, écoles et quartiers. Elle privilégie les informations vérifiées, les documents officiels et les témoignages de terrain pour expliquer les enjeux locaux avec clarté, en donnant une place aux habitants, associations et acteurs économiques

Plus d'histoires